
Voir le Graal

Florence Bouchet a proposé l’étude « Voir le Graal » sur Utpictura 18. Lucie Brochet (Collège Jean Moulin, Toulouse) et Florence Bouchet elle-même en proposent une exploitation pédagogique au Collège, dans une approche interdisciplinaire associant Français, Histoire, Histoire des Arts et Arts Plastiques.
Ce texte peut s’inscrire dans le cadre de l’objet d’étude « Agir sur le monde/héros, héroïnes, héroïsme » proposé en classe de 5e en cours de Français. Le programme nous invite en effet à étudier un roman de chevalerie : Perceval ou le conte du Graal de Chrétien de Troyes par exemple.
On pourra, dans un premier temps, étudier tout simplement l’art de l’enluminure : la technique mise en œuvre (l’esquisse, le mélange des pigments de couleurs...) les composantes et les fonctions (esthétique, illustrative, de structuration du récit…). Cette séance d’Histoire des Arts peut se faire en partenariat avec le professeur d’Arts plastiques. On pourra travailler avec le professeur d’Histoire également, en se demandant qui produit les enluminures et pour quel public.
Dans le cadre plus précis du cours de Français, on pourra étudier le rôle de l’objet qu’est le Graal et sa description dans le récit, puis demander aux élèves de retrouver cet objet dans les enluminures. Ils seront incités à comparer différentes représentations du Graal. Il s’agira de montrer la difficulté à nommer et à représenter le Graal.
Il est également intéressant d’imaginer une activité d’écriture à partir d’une enluminure. L’image joue alors un rôle de déclencheur. À l’inverse, on peut faire écrire les élèves (décrire une enluminure ou imaginer une aventure) et leur faire créer une enluminure à partir d’un logiciel (Pictor par exemple).
Par ailleurs, dans le cadre d’une étude du cortège du Graal dans Le Conte du Graal, la comparaison avec la miniature du fol. 18v du manuscrit français 12577 de la BnF (fig. 2) peut constituer un bon « test » de lecture, amenant d’abord les élèves à constater plusieurs discordances entre le texte et l’image, discordances que le professeur peut, dans un second temps, expliquer comme suggéré dans l’article. On pourra noter d’autres écarts entre ce que dit Chrétien et ce qu’offre l’image : l’enlumineur a cru bon de figurer une reine à côté du Roi Pêcheur (automatisme mental qui veut qu’un roi soit nécessairement marié ?) ; surtout, Perceval n’est pas représenté (absence symptomatique : Perceval n’ayant pas su poser les questions attendues sur le Graal, c’est comme s’il n’avait pas été là).