
Un relief votif de l' Athènes classique

Sylvain Lebreton propose sur Utpictura 18 l'analyse d'un relief votif sous le titre : « Un relief votif de l’Athènes classique : représenter les dieux et le rituel par l’image et par le texte ». Sébastien Delmas (Lycée Jean de Prades, Castelsarrasin) en propose une utilisation en cours d'Histoire au Lycée.
Dans le cadre d’un enseignement d’Histoire en lycée général et technologique, ce document peut être mis à profit pour la conduite du chapitre 1 du thème 1 du programme de 2de, thème 1 « Le monde méditerranéen : empreintes de l’Antiquité et du Moyen Âge », chapitre 1 « La Méditerranée antique, les empreintes grecques et romaines ».
Parmi les « objectifs du chapitre » indiqués par les instructions officielles, il est utile pour « montrer comment Athènes associe régime démocratique et établissement d’un empire maritime » et peut également s’intégrer au point de passage et d’ouverture relatif à « Périclès et la démocratie athénienne », bien qu’il soit, dans un cas comme dans l’autre, postérieur à ces moments puisque daté de la deuxième moitié du IVe siècle et non du Ve siècle. L’autre possibilité, plus transversale, est de l’utiliser pour interroger les « héritages culturels et religieux méditerranéens », même si officiellement cet enjeu est rattaché à l’étude du monde romain.
Dans le chapitre sur la Méditerranée antique, la religion grecque n’est pas, à proprement parler, mentionnée comme un objet d’étude à part entière. Elle peut toutefois être convoquée à deux fins distinctes et/ou complémentaires :
- I) mettre en valeur les pratiques religieuses comme « ciment social » des Athéniens, depuis l’échelle de la cellule familiale jusqu’à celle de l’ensemble de la cité ;
- II) interroger la religiosité antique pour ouvrir la voie à la manière dont Rome va capter ensuite ces héritages.
Dans le premier cas de figure (I), comme le mentionne l’article, une mise en parallèle de ce modeste (par la taille) et méconnu bas-relief votif avec la gigantesque frise des Panathénées serait profitable. Cela permettrait d’une part de familiariser les élèves avec les représentations iconographiques helléniques dans une perspective d’initiation à l’analyse d’un document d’histoire. D’autre part, la mise en parallèle de ces deux documents permet de plonger dans un rapport au divin profondément concret, quotidien et relié aux enjeux civiques. La bonne marche de la cité dépend de l’harmonie du corps civique, à l’échelle de l’oikos (bien mise en valeur ici par le choix des divinités opéré par les dédicants), comme à celle plus large de l’ensemble des Athéniens et Athéniennes. Mettre en valeur la part du religieux dans la vie courante aussi bien que dans les temps forts de l’année civique autorise à interroger les rituels qui rythment la vie de l’Athènes classique, la place des différents acteurs, le rôle des femmes, non citoyennes mais indispensables à la cohésion de la cité, ainsi que ce document s’en fait l’écho.
Dans le second cas (II) c’est autour du choix assez personnel des divinités dans le cadre de ce relief votif que l’on peut amorcer l’enjeu de la réception des héritages religieux antiques par Rome. On voit ici l’originalité d’une association de divinités issues d’un même Panthéon, au gré des besoins du moment de cette maisonnée. La « fluidité » des religions antiques en serait confirmée par la mise en parallèle de ce document avec des stèles funéraires romaines issues de régions intégrées à l’Empire comme la Gaule où des divinités de divers panthéons se côtoient dans une circulation divine qui tranche au regard d’un monde contemporain gagné au monothéisme.