Figurine-et-malediction-1
Figurine d’envoûtement, Égypte, IIIe-IVe siècle de notre ère.
Musée du Louvre, Département des Antiquités égyptiennes, E 27145 A.

Thomas Galoppin propose une analyse de cette figurine d'envoûtement sur Utpictura 18, dans son article « Figurine et malédiction dans l’Égypte romaine ». Sébastien Delmas (Lycée Jean de Prades, Castelsarrasin) en propose une utilisation pédagogique en cours d'Histoire.

Dans le cadre d’un enseignement d’Histoire en Lycée général et technologique, ce document peut-être mis à profit pour la conduite du chapitre 1 du thème 1 du programme de seconde « Le monde méditerranéen : empreintes de l'Antiquité et du Moyen Âge », chapitre 1 « La Méditerranée antique : les empreintes grecques et romaines ».

Parmi les « objectifs du chapitre » indiqués par les instructions officielles, il est utile pour aborder le troisième et dernier : « Montrer comment Rome développe un empire territorial immense où s’opère un brassage des différents héritages culturels et religieux méditerranéens ».

Sur le plan du travail méthodologique, ce document « interpellant », qui associe un élément visuel (à savoir une statuette féminine) à un texte de défixion, est d’une richesse suffisante pour permettre la conduite d’un temps de pratique ou d’initiation à l’analyse de document en histoire.

Sur le plan de l’avancée du chapitre, selon l’approfondissement que l’on souhaite donner à l’appréhension du document, un ou plusieurs des trois aspects suivants peuvent être mis en évidence, idéalement après avoir étudié la constitution de l’Empire romain et sa stabilisation au cours du principat d’Auguste :

1- Antiquité/monde moderne : permanences et mutations. Dans un chapitre qui vise à montrer que « l’Antiquité méditerranéenne est le creuset de l’Europe », on possède ici un exemple original, une pratique d’ensorcellement, qui parle au XXIe siècle tout en étant issu d’un univers mental, culturel et religieux bien différent du nôtre.

2-Les caractéristiques de l’immense Empire romain. Par ce document, on peut observer un instantané de la vie d’une province, l’Égypte, plusieurs siècle après son inclusion dans l’Empire. Dans la terre des anciens pharaons, sous domination romaine mais de culture grecque, on assiste à un rituel associé à des pratiques polythéistes faisant intervenir des divinités de plusieurs panthéons. Le brassage des peuples et des influences culturelles et la dimension « souple » de la domination romaine s’observent indirectement via ce document qui, point intéressant, fait dialoguer le monde romain et le monde grec, dans un chapitre qui les met tous deux en valeur mais plutôt successivement que conjointement.

3- Rituels, religion, spiritualité. Dans une perspective visant à élargir le propos de l’enseignant et à présenter succinctement ce que vivre sous l’Empire romain signifie, le document permet une approche des croyances et des rituels au quotidien, du lien entre le monde des vivants et des morts. Il permet d’interroger le syncrétisme religieux ou encore le caractère performatif des rituels antiques. Il peut-être mis en parallèle avec des documents bien antérieurs à l’Antiquité tardive (ex : tablettes de malédiction athénienne) ou plus proches de celle-ci (ex : association de divinités dans le monde gallo-romain).

Vous pouvez télécharger une présentation du document directement utilisable en classe, avec un questionnaire approprié.

Par Sébastien Delmas
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