1. Regardons la gravure

Gravure Le Père et ses enfants
Gravure illustrant la fable de Faerno, Fabulae centum, Rome, V. Lucinus, 1564, f. 35 r° (Gallica)

Pourquoi le père est-il allongé ? Pourquoi est-il entouré de ses enfants ?

2. Lisons la fable de Faerno Pater, et Filii

Moriens pater lecto assidentes filios

Admonuit, auri maximam se in uinea

Vim condidisse, proinde post obitum suum

Id excauato penitus eruerunt solo.

Haec ille ; sed mox liberis rogantibus

Vti ederet, qua parte tandem uineae

Aurum lateret, nil locutus amplius,

Desiderati liquit incertos loci.

Illi, peracto protinus busto patris,

Versare duris uineam ligonibus,

Et hic et illic scrobibus effossis humum

Coepere glebas in minutas frangere.

Frustra : nil enim fuerat auri conditum.

Illo subacta sed labore uinea,

Vberrima ditauit hos uindemia.

Tum primus horum : « Hic ille nimirum, refert,

Thesaurus est, quem sedulus nobis pater

Moriens reliquit, noster o fratres labor. »

Sua cuique uitae industria instra est opum.

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3. En amont et en aval : Ésope et La Fontaine

Le Laboureur et ses enfants, chez Ésope

Γεωργός καὶ παῖδες αὐτοῦ

Γεωργός τις μέλλων καταλύειν τὸν βίον καὶ βουλόμενος τοὺς ἑαυτοῦ παῖδας πεῖραν λαβεῖν τῆς γεωρἰας, προσκαλεσάμενος αὐτοὺς ἔφη· «Παῖδες ἐμοί, ἐγώ μὲν ἤδη τοῦ βίου ὑπέξειμι, ὑμεῖς δʹἅπερ ἐν τῇ ἀμπέλῳ μοι κέκρυπται ζητήσαντες, εὑρήσετε πάντα.» Οἱ μὲν οὖν οἰηθέντες θησαυρὸν ἐκεῖ που κατορωρύχθαι, πᾶσαν τὴν τῆς ἀμπέλου γῆν μετὰ τὴν ἀποβίωσιν τοῦ πατρὸς κατέσκαψαν. Καὶ θησαυρῷ μὲν οὐ περιέτυχον, ἡ δὲ ἄμπελος καλῶς σκαφεῖσα πολλαπλασίονα τὸν καρπὸν ἀνέδωκεν. Ὁ μῦθος δηλοῖ ὅτι ὁ κάματος θησαυρός ἐστι τοῖς ἀνθρώποις.

Un laboureur, sur le point de terminer sa vie, voulut que ses enfants acquissent de l'expérience en agriculture. Il les fit venir et leur dit : « Mes enfants, je vais quitter ce monde ; mais vous, cherchez ce que j'ai caché dans ma vigne, et vous trouverez tous. » Les enfants s'imaginant qu'il y avait enfoui un trésor en quelque coin, béchèrent profondément tout le sol de la vigne après la mort du père. De trésor, ils n'en trouvèrent point ; mais la vigne bien remuée donna son fruit au centuple. Cette fable montre que le travail est pour les hommes un trésor. (trad. E. Chambry)

Le Laboureur et ses enfants, chez La Fontaine

Lisons la fable de La Fontaine au livre V, fable 9.

Travaillez, prenez de la peine :

C'est le fonds qui manque le moins.

Un riche laboureur sentant sa mort prochaine

Fit venir ses enfants, leur parla sans témoins.

« Gardez-vous, leur dit-il, de vendre l'héritage

Que nous ont laissé nos parents.

Un trésor est caché dedans.

Je ne sais pas l'endroit ; mais un peu de courage

Vous le fera trouver, vous en viendrez à bout.

Remuez votre champ dès qu'on aura fait l'août.

Creusez, fouillez, bêchez, ne laissez nulle place

Où la main passe et repasse. »

Le Père mort, les fils vous retournent le champ

Deçà, delà, partout ; si bien qu'au bout de l'an

Il en rapporta davantage.

D'argent, point de caché. Mais le Père fut sage

De leur montrer avant sa mort

Que le travail est un trésor.

Par Anne-Hélène Klinger-Dollé
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