Niveau 2

1. Regardons la gravure

Regardez maintenant les commentaires en passant la souris sur la gravure.

Pourquoi le renard fixe t-il le corbeau ainsi ? Que tient le corbeau dans son bec ?

2. Lisons la fable de Faerno Corvus, et vulpes

Insedit altae coruus olim quercui,

Rostro rapaci casei frustrum tenens :

Quem uafra blando aggressa sic uulpes dolo est :

« Quam pulchram auem, quam splendide cultam intuor

Pennis decoris, atque uersicoloribus » :

« Salue », inquit, « o generosa : quod si praedita

Cantu fuisses, summi eras ales Iouis ».

His ille magnae inductus in spem gloriae,

Cantu indecoro rauca soluit guttura.

Tum uersipellis decidente caseo

Vulpes potita, « Corue tu », inquit, « omnia

Habes abunde ; mente dumtaxat cares ».

Qui coram in os te laudat, insidias struit :

Qui laude ficta ducitur, cor non habet.

Vous pouvez télécharger ici une traduction.

3. En amont et en aval: Esope, Phèdre et La Fontaine

Le Corbeau et le Renard, chez Esope

Un corbeau, ayant volé un morceau de viande, s’était perché sur un arbre. Un renard l’aperçut, et, voulant se rendre maître de la viande, se posta devant lui et loua ses proportions élégantes et sa beauté, ajoutant que nul n’était mieux fait que lui pour être le roi des oiseaux, et qu’il le serait devenu sûrement, s’il avait de la voix. Le corbeau, voulant lui montrer que la voix non plus ne lui manquait pas, lâcha la viande et poussa de grands cris. Le renard se précipita et, saisissant le morceau, dit : « Ô corbeau, si tu avais aussi du jugement, il ne te manquerait rien pour devenir le roi des oiseaux. »

Cette fable est une leçon pour les sots.

(trad. Chambry, 1927)

Le Corbeau et le Renard, chez Phèdre

Ceux qui aiment les artificieux en sont punis plus tard par un amer repentir.

Un Corbeau avait pris un fromage sur une fenêtre, et allait le manger sur le haut d’un arbre, lorsqu’un Renard l’aperçut et lui tint ce discours : « De quel éclat, ô Corbeau, brille votre plumage ! que de grâces dans votre air et votre personne ! Si vous chantiez, vous seriez le premier des oiseaux. » Notre sot voulut montrer sa voix ; mais il laissa tomber le fromage, et le rusé Renard s’en saisit aussitôt avec avidité. Le Corbeau honteux gémit alors de sa sottise.

Cette fable prouve la puissance de l’esprit d’adresse l’emporte toujours sur la force.

(trad. M. E. Panckoucke, 1864)

Le Corbeau et le Renard, chez La Fontaine

Lisons la fable de La Fontaine au livre I, fable 2.

Maître Corbeau, sur un arbre perché,

Tenait en son bec un fromage.

Maître Renard, par l’odeur alléché,

Lui tint à peu près ce langage :

« Et bonjour, Monsieur du Corbeau.

Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau !

Sans mentir, si votre ramage

Se rapporte à votre plumage,

Vous êtes le Phénix de l'hôte de ces Bois. »

A ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie,

Et pour montrer sa belle voix,

Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie.

Le Renard s'en saisit, et dit : « Mon bon Monsieur,

Apprenez que tout flatteur

Vit aux dépens de celui qui l'écoute.

Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. »

Le Corbeau honteux et confus

Jura, mais un peu tard, qu'on ne l'y prendrait plus.

Par Marius Raymond, étudiant de L3 de Lettres classiques, 2025-2026
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